48 cm de hauteur
porcelaine de Limoges,
2008
 
« Les statuettes africaines ainsi que les masques, les instruments, les tissus, etc. sont autant d'objets qui me sont et familiers et mystérieux. Je les vois dans des appartements, ils ne sont pas à mon goût. Ce que ce que je retrouve en eux tient plus de l’élément de décor d’un pays qu’on suppose connaître que d’un objet de décoration – réflexion à la base d'un projet qui m'a amené à pousser les portes d'une boutique d'artisanat africain.
Je n’ai aucune connaissance de ces objets. Je les supposais relativement précieux, faits « à la main ». Cet a priori a été balayé lorsque je les ai vus dans cette boutique, entreposés comme des bûches.
J'ai choisi un modèle asexué, androgyne que je supposais être la statuette africaine « type » pour n'importe quel néophyte. Elle est de style Dogon, très identifiable et répandu en Afrique. C'est le vendeur qui me l'a expliqué.
 
J'ai d'abord poncé puis repeint plusieurs statuettes différentes avec une laque blanche brillante : une seconde peau. Puis j'ai décidé d'en reproduire une en particulier, en porcelaine de Limoges. Je l'ai choisie très abîmée pour marquer le moule, pour produire l’inverse du premier rendu en bois peint. Cette fois-ci, je voulais que le bois soit visible au travers de la fragile épaisseur de porcelaine.
La porcelaine, en tant que matériau, a  été un temps assimilée à ses productions surannées en Occident. Elle a été associée à la gloire d'une pompe tournée en dérision, la victoire en match-retour du Kitsch, du Pompier, de l'esthétique monumentale de pièce montée à la crème. On la retrouve maintenant dans les formes épurées et lisses des designers et son blanc immaculé est synonyme de sobriété sophistiquée.
 
Cette série « limitée » (en cent exemplaires numérotés – marque qui permet aisément d'en reconnaître la singularité) aurait aussi bien pu s'appeler « Made in Limoges » : un savoir-faire local associé à une autre production artisanale qui ne lui ressemble en rien et dont l'authentification est affaire de spécialistes. Dans la galerie, les statuettes sont à hauteur d'oeil, comme en serre et chacune sur une étagère, comme pour en faciliter l'étude. Chaque statuette est positionnée de manière à pivoter sur elle même de quelques degrés par rapport à celle qui la précède, comme pour donner une démonstration plus évidente de leur parfaite similitude »
 
 
 
Limoges Porcelain         
48 cm in height
2008
 
“The African statuettes as well as the masks, the instruments, the fabrics are familiar and misterious to me. I see them at friends' of mine I do not fancy them since they are less decorative to me, but rather part of a scenery -  a project which led me to open the door of a shop selling African handicraft.
 
Since I never felt curious about these statuettes I have no knowledge about them. I thought they were precious, handmade. I abandoned this thought since I saw that they were stored like logs.
 
The model I choose is asexual androgyne, which I suppose to be the typical African statuette to any novice. It belongs to the  Dogon style, can easily be identified as such and widespread in Africa.That is what the seller explained to me.
 
I have at first pounced some statuettes that were different and than painted them with a brilliant white gloss paint : a second skin. Than I decided to  reproduce in Limoges china one particular statuette. I choose it extremely damaged  in order to identify the mould, and  obtain something opposite to the first  painted wood. This time I intended the wood to be seen though the fragile layer of china.
As a material, china was during a period of time assimimated to  oldfashioned western production.  It was assimilated to the pathetic pompous glory. tThe victory of kitsch in return match (second leg), of the pompous, the monumental aesthetics of a wedding cream cake.
It is now back in the designers pure smooth shapes and its immaculate white colour is synonymous of sophisticated soberness.
 
This "restricted" number of parts (100 numbered statuettes enabling them to be easily identified) could also have been called "Made in Limoges" a local craftsmenshift unlike any other and that can only be identified by specialists.    In the gallery, the statuettes are displayed at eye height like in a greenhouse and every one on its shelf,just as if to examine them easier. Each statuette is positioned  to allow turning it slightly away from or towards the preceding one just as to show  their perfect similarity.”
 
 Romain GIBERT
 
 
Pays Dogon